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Que reste-t-il de Mai 68, 40 ans après ? La nostalgie de révoltes étudiantes ? Le mythe d'une révolution sociale aboutie ? Le constat que le meilleur (ou le pire) reste à venir ? Ou un simple anniversaire médiatique et commercial ? Le débat est ouvert et présente même un intérêt certain, fort de quarante années de recul, à une époque où une mise au point semble inévitable entre ceux qui appellent à "liquider Mai 68" et les défenseurs d'un héritage dont il s'agit aujourd'hui de retracer les contours et surtout de resituer les enjeux dans un contexte élargi. Mai 68 c'est bien sûr un point d'ancrage majeur dans l'histoire politique, économique et sociale de la France qui a conduit à une "libération de la parole" indéniable et jeté les prémisses d'une société exhortée à changer. 40 ans après, retour sur ce qui s'est passé, ce qui a vraiment changé et ce qui reste en devenir, à travers une sélection de différents films à (re)découvrir absolument.
le coup de coeur de... JOHNNIE TO Cinéaste hong-kongais prolifique, grand admirateur de Sam Peckinpah, Francis Ford Coppola et Akira Kurosawa, Johnnie To se révèle vraiment au public international en 2000 avec The Mission, puis Breaking News présenté au festival de Cannes (2004), Election 1 et 2 (2006) et tout récemment Exilé, Triangle ou encore Mad Detective. En créant sa propre maison de production, Milky Way Image Company, au milieu des années 1990, Johnnie To se donne toute l'indépendance nécessaire pour affirmer son style et redonner au cinéma de Hong Kong d'après la rétrocession à la Chine une profonde impulsion créative. Dans son nouveau film, Sparrow (en salles en France le 4 juin), il a rendu hommage aux Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, le coup de coeur de la semaine, donc !
PEDRO COSTA Pedro Costa parle de son film au sein du projet collectif L'état du monde (lire la chronique ici), présenté en 2007 à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs, sous l'impulsion de la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne qui a demandé à six cinéastes parmi les plus innovants du cinéma contemporain de traduire leur vision du monde : on retrouve ainsi Pedro Costa (En avant jeunesse), Apichatpong Weerasethakul (Tropical Malady), Chantal Akerman (La captive), Wang Bing (A l’ouest des rails), et également Vicente Ferraz (Soy Cuba, O Mamute Siberiano qui décortique la création et la diffusion du film Soy Cuba de Kalatozov) et Aysiha Abraham (artiste qui s’illustre plus particulièrement dans le cinéma expérimental et les installations vidéo).
26 AVRIL - 11 MAI Mats Ek : La Maison de Bernarda et Une sorte de... à l'affiche du Palais Garnier à Paris. Deux pièces emblématiques de ce chorégraphe qui considère le mouvement non comme simple décoration mais comme langage et expression de soi.
Pour La Maison de Bernarda, il s'agit à l'origine de l'ultime pièce de théâtre du poète espagnol Federico García Lorca : un drame qui nous plonge dans une Espagne au seuil de la guerre civile et exaspérée par l’injustice, les préjugés ou la morale religieuse. L'oeuvre débute au retour de l’enterrement du mari de Bernarda qui décrète un deuil de huit ans pendant lequel ses cinq filles (de 20 à 39 ans) devront rester coupées du monde. Mais l'aînée, Angustias, se prépare à épouser Pepe el Romano... C'est de ce climat d’oppression à la fois religieuse et maternelle que s'inspire le chorégraphe pour créer ce ballet en 1978. Sur scène, Mats Ek choisit de faire interpréter Bernarda par un homme : une manière de représenter cette mère tyrannique qui a perdu tout sentiment maternel, cette mère qui va jusqu'à cacher sous le tapis le corps de sa fille morte. Sur le plan chorégraphique, les mouvements qu’utilise Mats Ek sont amples, déliés, généreux, inspirés des gestes de la vie quotidienne ou des attitudes ludiques des enfants. L'expressivité des corps est renforcée par les traits du visage et la profondeur des regards. Tout est dit crûment et avec force.
30 AVRIL - 11 MAI Rétrospective Teuvo Tulio à la Cinémathèque française de Paris. Méconnu hors de son pays, Teuvo Tulio (1912-2000) s'est distingué par la réalisation d'un petit nombre de mélodrames auxquels il a su apporter un caractère indéniablement finlandais, au point qu'Aki Kaurismäki le cite habituellement comme l'un de ses maîtres en cinéma.
Cette rétrospective, organisée dans le cadre de la saison culturelle 100% Finlande, permettra de découvrir son œuvre en sept films.

LE FOND DE L'AIR EST ROUGE (2 DVD)
Montage de 3 heures de documents pour la plupart inédits, couvrant dix années capitales de l'histoire mondiale : 1967-1977, "du Viêt-Nam à la mort du Che", "Mai 68 et tout ça", "du printemps de Prague au Programme commun", "du Chili à... quoi au fait ?". Images officielles, bouts de films, chutes de reportages, bobines négligées sont les matériaux de cette fresque majeure dans la filmographie de Chris Marker et dont le visionnage se clôt sur le déroulant suivant : "les véritables auteurs de ce film sont les innombrables cameramen, preneurs de son, témoins et militants dont le travail s'oppose sans cesse à celui des pouvoirs, qui nous voudraient sans mémoire." Un coffret de 2 DVD aussi indispensable que remarquable, avec aussi cinq autres films (dont A bientôt j'espère, Puisqu'on vous dit que c'est possible et 2084) et un livret de 20 pages constitué de textes de Chris Marker et de Régis Debray.
LE BALLON ROUGE / CRIN BLANC (DVD)
C’est l’histoire d’un petit garçon et d'un ballon magique. Dans le Paris des années 50, un petit garçon libère un ballon accroché à un réverbère. À la surprise des habitants du quartier, suscitant la convoitise des autres enfants, le ballon rouge va le suivre partout dans les rues de la capitale... Palme d'Or du court-métrage au festival de Cannes en 1956, Oscar du meilleur scénario et Prix Louis Delluc la même année, Le ballon rouge d'Albert Lamorisse est une fable qui a charmé un large public aux cours des décennies, en touchant la pureté de l’enfance même, mais aussi sa cruauté. Egalement disponible sur le même DVD, Crin Blanc du même réalisateur, tout aussi magique. Images et sons restaurés.
PARANOID PARK (DVD)
Gus Van Sant adapte le roman de Blake Nelson et signe un grand film sur la jeunesse et la représentation d’un point de vue. Reprenant la trame du livre -une lettre écrite par un adolescent- et dans une approche toute aussi novatrice mais pourtant radicalement différente de ses précédents films, le cinéaste multiplie les moyens visuels et sonores pour rendre compte de l’existence de son personnage, encore de l’autre côté de la frontière qui barre le monde entre l’enfance et l’âge adulte. Pris dans le sillage tortueux de cette cicatrice, le jeune héros va devoir affronter des situations d’adulte avec les moyens d’un enfant. Précédemment primé à Cannes pour Elephant (2000), Gus Van Sant nous livre ici une oeuvre moderne et audacieuse, secondé à la caméra cette fois par Christopher Doyle (chef-opérateur de Wong Kar-Wai).
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